conseils en terre argileuse et foire aux questions - PEPINIERE ANTOINE BREUVART

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Si, à première vue, cette affirmation peut apparaître gratuite et irréaliste, sachez qu’il est certainement plus simple de réaliser un jardin de rêve dans une terre compacte et difficile à travailler que si vous n’aviez que quelques centimètres de bonne terre et des quantités impressionnantes de cailloux. D’ailleurs, ici comme dans les pays qui nous sont proches et en particulier de l’autre côté de la Manche, on peut visiter de très jolis jardins plantés en terre argileuse. Elle est difficile à travailler, lourde, demande beaucoup de patience mais donne des jardins riches aux couleurs intenses.

Avantages et inconvénients de l’argile :
Grâce à ses particules fines, elle est capable de retenir de grandes quantités d’eau au point qu’il ne reste pratiquement plus d’air et qu’elle devient asphyxiante. Mais cette grande capacité de rétention lui permet de stocker beaucoup d’éléments nutritifs dissous dans l’eau ce qui la rend potentiellement très fertile.
Son caractère lourd favorise un enracinement fort, fait de grosses racines capables de progresser dans des terres peu aérées. Les plantes les mieux adaptées à l’argile développent plutôt ce type d’enracinement à l’extrême opposé des plantes de terre de bruyère qui ont un système radiculaire très fin, dense et ramifié.
Pourtant, il est possible de cultiver les Rhododendrons, Azalées et toutes autres plantes de ce type de sol, dans une terre argileuse. Pour cela, il faut donner à la plante les conditions nécessaires à l’adaptation de son système radiculaire. Les racines des plantes s’adaptent en fonction de la nature de la terre qu’elles rencontrent mais s’il y a trop de différences entre deux couches de terre elles ne s’aventurent pas au delà de la limite. Il faut donc entre les deux zones un mélange intermédiaire qui permet aux racines de s’adapter. Lorsque vous plantez une plante cultivée en terre de bruyère, creusez un trou 2 à 3 fois plus large et plus profond que la motte de votre plante, remplissez le trou d’une moitié de tourbe, de compost et finissez avec la terre de votre jardin, mélangez bien le tout et repiquez votre plante dans ce mélange.
A force de travail et d’amendement une terre lourde peut être allégée et rendue plus facile à travailler alors qu’il est difficile d’alourdir une terre trop légère.


Qu’est ce qu’une terre argileuse ?
Le sol de votre jardin est formé d’un mélange d’éléments minéraux et organiques. La nature de ce sol est déterminée par la taille des particules minérales qui le composent. Ainsi, une terre est dite sableuse si la majeure partie de ses particules sont d’une taille supérieure à 0,02 millimètres mais elle est dite argileuse si plus de 20 % de ses particules sont inférieures à 2 microns soit 0,002 millimètres.


Comment en tirer le meilleur parti ?
L’argile collante, lourde et compacte en hiver est en fait ce que l’on appelle un colloïde dont l’ensemble des particules chargées négativement se repoussent les unes contre les autres. Si vous observez une flaque dans un tel terrain, l’eau est trouble et le reste longtemps du fait que ces éléments restent en suspension. L’apport d’humus, de calcium ou de magnésium chargés positivement «colle» les particules les unes aux autres, formant de petits flocons qui se déposent.  Il faut donc amender les terre argileuses pour obtenir ce qu’on appelle la floculation des particules.  L’argile et l’humus reliés par  le  calcaire  constituent une structure grumeleuse qui sera stable et gage d’une plus grande fertilité. Ce sont des terres en général profondes, capables de stocker beaucoup d’eau et d’éléments minéraux. Suffisamment aérées, elles permettent le développement d’une microflore et d’une microfaune abondantes.

Votre terre est-elle argileuse ?
Prenez dans vos mains un peu de terre de votre jardin, écrasez-la entre vos doigts, elle formera une pâte fine et lisse sans aucune rugosité, à peine pourrez-vous sentir quelques grains.
Humide, elle se travaille un peu comme de la pâte à modeler, vous pouvez la rouler en une boule qui s’étalera sous la pression de vos doigts plutôt que de s’effriter. Imperméable et collante lorsqu’elle est humide, ou dure et formant de profondes crevasses lorsqu’elle est sèche, les signes indicatifs d’une nature de terre argileuse sont aussi facilement appréciés lors du travail de la terre. Enfin, les plantes sauvages qui se plaisent naturellement dans votre jardin ou aux alentours, vous renseignent également : La renoncule âcre, le plantain, le pissenlit, le rumex, le tussilage, la pâquerette, le frêne, la ficaire sont quelques unes des plantes couramment rencontrées en sols argileux.
Cette appréciation peut être modifiée par la présence de cailloux et par la richesse de votre terre en humus. Une terre argileuse contenant plus de 10 % de matières organiques devient une terre humifère et possède des caractéristiques bien différentes.


Comment la travailler et l’entretenir ?
Lorsqu’elle n’est pas trop trempée après les premières pluies de l’automne et
bien avant l’hiver, vous pouvez la bêcher. S’il s’agit d’une pelouse que vous souhaitez retourner pour créer un massif, vous pouvez attendre jusqu’au mois d’octobre. Formez de grosses mottes en prenant soin de bien enterrer l’herbe. Laissez tranquille tout l’hiver, l’action des pluies et de la gelée fractionnera les mottes et il ne vous restera plus qu’à niveler à l’aide d’un outil à dents dès que le terrain sera ressuyé au printemps dans les premières belles journées. N’attendez pas trop car les mottes d’argile en séchant deviennent de gros blocs difficiles à casser.



Quelles plantes y faire pousser ?

A vrai dire, il est possible de faire pousser toutes les plantes que l’on souhaite dans une terre argileuse. Pour cela il vous faudra amender ou corriger localement la nature de votre terre et la plantation devra être réalisée avec plus d’attention qu’ailleurs.
Contrairement à une démarche de plus en plus fréquente qui consiste à alléger les substrats de culture en pot, nous utilisons un terreau riche d’au moins 20% d’argile pour une meilleure reprise des plantes et une  adaptation plus rapide aux sols lourds.
La plupart des plantes vendues dans le commerce sont cultivées par commodité dans des substrats légers et poreux très différents des conditions qu’offre une terre argileuse. Le système radiculaire des plantes poussant en terre légère est un dense réseau de fines racines alors qu’en terre lourde et compacte, les racines sont moins nombreuses mais plus fortes. Le système radiculaire d’une même plante s’adapte ainsi en fonction de la nature de la terre qu’il rencontre. Il faut donc donner à vos plantes les conditions propices à l’adaptation des racines aux qualités de votre sol. Les plantes cultivées dans un mélange exclusivement tourbeux devront trouver tout autour de leur motte un mélange de tourbe et de terre de votre jardin pour que progressivement, elles s’adaptent et s’affranchissent de la tourbe. Nos plantes produites dans un mélange comportant déjà de l’argile demandent autant de précaution mais s’adaptent ainsi plus rapidement.

Comment l’amender ?

Amender une terre, c’est en améliorer les propriétés par l’apport de nouveaux constituants physiques (humus, calcaire, sable ou gravier).

Le calcaire peut être apporté sous forme de craie, de chaux, de cendre de bois ou d’autres formes disponibles dans le commerce . Il a pour effet d’augmenter le pH et de favoriser la transformation des matières organiques en humus. Il doit être apporté à petites doses si vous voulez éviter les risques de chloroses.

L’humus ; c’est ainsi que l’on désigne la forme que prennent les matières organiques avant de se minéraliser pour devenir assimilables par les plantes. Un compost bien décomposé ou bien mûr est constitué en majeure partie d’humus et dans une moindre part, d’éléments déjà minéralisés et de matériaux non encore transformés.
L’humus peut être apporté de plusieurs façons : compost et terreaux du commerce, déchets organiques du jardin et même de la maison. Les tontes de gazon mélangées à des feuilles mortes ou de la paille, mises en tas puis remuées et apportées en surface à l’automne sont une vraie mine d’or. Un bon compost est pratiquement inodore, à peine une odeur de sous-bois et de champignons, il doit être suffisamment humidifié et régulièrement mélangé. Les matières organiques peuvent être mises à décomposer en tas ou à la surface du sol. ne jamais incorporer des matières organiques qui ne sont pas bien décomposées. Laissez les vers de terre travailler et les incorporer à votre place, ils agissent pour vous et surtout pour vos plantes.
Apporter les matières organiques en surface du sol pour qu’elles s’y décomposent et ainsi réaliser un paillage de vos plate-bandes ; c’est le rôle du mulch.
Enfin, dans certains cas et particulièrement pour certaines plantes, il peut être intéressant d’améliorer les qualités physiques du sol sans pour autant l’enrichir.
La solution consiste à apporter des quantités de sable grossier ou de gravier. Vous pouvez en mettre jusqu’à 10 centimètres d’épaisseur à mélanger avec les 20 premiers centimètres de terre, soit la profondeur d’un fer de bêche et éventuellement vous pouvez également apporter de la tourbe pour alléger sans enrichir. Certaines plantes apprécient les terres bien drainées plutôt pauvres.
Les terres argileuses ont une tendance naturelle à l’acidification qu’il faut corriger à un pH proche de 7 pour éviter les carences en éléments minéraux (l’acidité provoquant des blocages ou des insolubilités). Utilisez des amendements calcaires pour les plantes qui craignent ces carences

La plantation, comment faire pour réussir ?

  • Creusez un trou 2 à 3 fois plus large et profond que la motte que vous souhaitez planter.

Pour une plante de grande taille, respectez les différentes couches de terre et déposez la terre sur des bâches autour du trou en éliminant la dernière couche.

  • Donnez quelques coups de bêche  pour alléger le fond.

  • Apportez dans le trou du compost bien mûr ou du terreau que vous mélangez à l’avant-dernière couche.

  • Déposez la plante après avoir bien humidifié la motte en la faisant tremper dans un seau d’eau quelques minutes si celle-ci est très sèche.

  • Rebouchez le trou en évitant de trop enterrer la motte, les premières racines doivent affleurer la surface.

  • Sans tasser, arrosez abondamment pour que la motte soit bien en contact avec la terre.


Dans les semaines qui suivent, brisez la croûte qui peut se former en surface  pour que la terre reste bien aérée et éliminez les mauvaises herbes.
Surveillez l’arrosage.

Epoque ou saison de plantation, Quand planter ?
Les plantes vendues en godets ou conteneurs peuvent être repiquées à tout moment de l’année. C’est tout l’intérêt de la culture en pot que de proposer des végétaux qui peuvent être déplacées et plantées quand le terrain et le jardinier sont prêts. Toutefois, si la plantation est possible, la reprise dépend de la saison et des soins apportés.
D’une façon globale, pour les plantes en pot, la meilleure période de plantation, se situe entre le 15 septembre et le 15 octobreà cette époque de l’année, quelques averses de fin d’été ont humidifiée la terre, les journées sont encore longues et il y a suffisamment de chaleur dans le sol et dans l’air pour que la végétation soit activeles plantes vont continuer à pousser, elles seront arrosées par les pluies d’automne, s’enracineront rapidement, seront bien implantées lorsque l’hiver arrivera et au printemps elle se développeront comme si elles étaient là depuis longtemps.
Si votre terrain n’était pas prêt ou si la météorologie n’était pas favorable, vous pouvez aussi plantez entre le 15 octobre et le 15 mars, les plantes ont alors une activité ralentie ou sont en repos végétatif. Au cours de cette période, peu importe la date, ce qui compte c’est que les conditions de plantation soit bonne.
Après le 15 mars et jusqu’au 15 septembre vous pouvez également planter avec d’excellents résultats, tout dépend des conditions météorologiques après plantation et des soins apportés (surtout de l’arrosage par temps sec). Si vous plantez en avril avec ensuite trois semaines de temps sec et un vent d’est la reprise sera moins bonne que si vous planter en juillet avec de la pluie au cours des huit jours qui suivent. La reprise des plantes mises en terre au cours de cette période dépend essentiellement des soins et de la météorologie pendant les trois semaines qui suivent la plantation.

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Foire aux questions (FAQ)


Les feuillages dorés, quels soins faut -il apporter ?

Ils apprécient la lumière et sont d’autant plus lumineux qu’ils sont éclairés mais attention aux expositions trop brûlantes et en particulier au soleil du matin Les gouttes de rosée sont comme des loupes au travers desquelles les rayons du soleil brûlent les feuillages les plus fragiles

Attention aux semis spontanés !!
Vous trouverez dans ce catalogue ainsi qu’à la pépinière plusieurs plantes qui se ressèment facilement. Elles n’ont pas toutes les qualités mais elle donnent au jardin un caractère plus spontané. Certaines sont annuelles ou bisannuelles (Persicaria orientale, Atriplex hortensis rubra, Impatiens glandulifera, Impatiens balfourii, Lunaria annua) d’autres sont vivaces (Helleborus orientalis, Meconopsis cambrica, Papaver pilosum, foeniculum vulgare, Verbena hastata, Linaria purpurea) mais elles ont toutes en commun de produire de nombreuses graines pour assurer la survie de l’espèce et la conquête de nouveaux territoires. A ce titre elles peuvent se révéler très utiles pour garnir les emplacements vides ou des parties du jardin qu’on ne peut pas bêcher. Mais le souffle de liberté qui fait voler leurs graines plus loin doit être bien cadré et pour qu’elles ne deviennent pas une calamité, vous devrez éliminer sans pitié toutes celles qui sont mal placées ou qui risquerait de gêner ou d’étouffer des plantes plus casanières. Si vous ne voyez pas bien quelle densité laisser, agissez par étapes en passant plusieurs fois.

Combien de temps faudra-t-il pour obtenir un beau jardin ?
Les plants achetés en godets ou pots de 1 litre semblent souvent tout petits et il est bien difficile de s’imaginer comment sera le jardin dans quelques mois et pire encore dans quelques années. Le pot de 0,6 litre semble être un minimum suffisant pour la plupart des plantes mais pour quelques unes, le pot de 1 litre donne des plants beaucoup plus forts avec pratiquement le double de volume de racine et une meilleure reprise. C’est pourquoi nous vous proposons cette taille à chaque fois que cela est préférable. Pour les pots de 2 litres, c’est un peu différent, il s’agit de plantes plus fortes qui permettent de gagner environ une année de plantation. Pour avoir une idée de la taille « adulte » des plantes, référez-vous aux dimensions données avec la description des plantes et soyez patients car si dans la plupart des cas c’est à partir de la 2ème année que les plantes prennent leur ampleur, pour quelques autres, il faudra 4 à 5 ans avant qu’elles soient réellement intéressantes. Ces plantes au comportement casanier qui poussent en touffes serrées sont dites cespiteuses c’est le cas des Deschampsia, Hosta, Kirengeshoma, Hellebore et quelques autres. Avec elles, il vous faudra être très patient et les laisser tranquilles pendant des années pour que leurs racines soient bien implantées. Apportez leur régulièrement du vieux fumier ou du compost en surface du sol. 4 à 5 ans semble être un minimum pour qu’une Hosta atteigne sa maturité et, au bout de 10 années, elle est encore plus belle. Dans le « jardin de Marie-Ange », il y a un Kirengeshoma palmata qui doit avoir environ 14ans, il fait jusqu’à 1,30 m de haut et de large. Qui dit mieux ?

 
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